Santé au travail

 

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Nantes – 24 mars 2011

A l’initiative de l’ »Association pour la Protection de la santé  au travail des Métiers Portuaires (Appstmp) »

 

Face aux maladies professionnelles…

Une première pierre posée

 

Le soleil était à l’extérieur à défaut d’être dans les coeurs, jeudi 24 mars 2011 au CHR-Laënnec
de Nantes, à l’occasion de la rencontre-débat « Préserver la santé au travail » organisée par
l’Association Pour la Protection de la Santé au Travail des Métiers Portuaires (APPSTMP). Il
est toujours difficile de parler des maladies et des risques professionnels. Mais ce fut une
journée chargée humainement…

Le Président Jean-Luc Chagnolleau pouvait se féliciter à l’heure de l’ouverture des travaux du nombre de participants. Ils étaient quelque 200 à garnir la salle,
venus de tous les ports de l’Hexagone. La plupart des métiers portuaires étaient représentés ce qui a permis de constater le partage des risques et donc des maladies.

À la faveur de la première table ronde de la matinée, le corps médical présent a fait un terrible bilan, soutenu par les études des sociologues venus eux aussi apporter leur pierre à l’édifice.

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Après l’éclairage médical apporté par le Professeur Christian Géraut, Chef du Service de Médecine du Travail et des Risques Professionnels du CHU de Nantes, l’éclairage sociologique fut donné par Véronique Daubas-Letourneux, sociologue de l’université de Nantes, et Christophe Coutanceau, chargé d’études au Giscop 93 et à l’université de Paris 13.

Tous deux démontrèrent l’écart entre les connaissances des risques admis par les caisses
d’assurance maladie et la réalité du terrain. D’où la reconnaissance plutôt ardue des maladies
professionnelles, surtout des cancers, à l’exception peut-être de ceux liés à l’amiante.
Il est parfois plus simple de voir les risques personnels liés à l’hygiène de vie que la toxicité de
certains produits. Il revenait à Serge Doussin, Secrétaire de l’APPSTMP, de conclure la matinée par un simple constat : le droit à la santé est avant tout un droit à la vie. Et il montrait combien certains se refusent à la jouer le jeu en freinant la prévention et en minimisant les risques. À travers l’histoire et les statistiques, il montrait que l’espérance de vie des travailleurs portuaires est huit à dix ans inférieure à celle des autres salariés.

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La seconde table ronde fut tournée vers la prévention et l’accompagnement avec les expériences vécues de l’amiante, exposées par un spécialiste, le
Dr Guy Garnier , médecin du travail au GPM de Marseille, et le Bordelais Georges Arnaudeau,
président de l’association Allo Amiante. Me Véronique Aubry, avocate spécialisée dans les
affaires sociales, montra comment faire reconnaître la maladie professionnelle et obtenir réparation. Tous trois furent d’accord pour montrer qu’il ne fallait jamais baisser les bras. Le « combat » ne doit pas être seulement contre la maladie.

Tony Hautbois, secrétaire général de la Fédération CGT des Ports
et Docks, fit le tour des obligations pour les employeurs,alors que Carole Hazé, de la Fédération des Mutuelles de France, donnait un plan de prévention et se félicitait de voir combien les intervenants étaient tous allés dans le même sens. Au bout du compte, le Président Chagnolleau pouvait se réjouir de voir la mobilisation face à la maladie. « Une journée où l’émotion et l’humain ont eu la place qu’ils méritaient dans ce dur combat pour la
vie ! »

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(Photo) Jean-Luc a ouvert les travaux de cette journée

 

Programme officiel Rencontre-débat 24 mars
1re table ronde :
Métiers portuaires,
quels risques pour la santé ?

animée par Brigitte Bègue, journaliste à Viva
9 h 15 Lien entre travail et pathologies : quelle approche médicale ?Professeur Christian Géraut, chef du service de médecine du travail et des risques professionnels du CHU de Nantes

9 h 45 Les cancers liés au travail : une démarche de recherche-action

Christophe Coutanceau, chargé d’étude au Giscop 93 et l’université Paris 13,

Véronique Daubas-Letourneux, sociologue, université de Nantes

10 h 45 Le droit à la santé au travail. Quelles exigences ?

Serge Doussin, secrétaire de l’association pour la protection de la santé au travail des métiers portuaires 44

11 h 15 Débat avec la salle

2e table ronde :
Métiers portuaires, quelle prévention
et quel accompagnement ?

animée par Brigitte Bègue, journaliste de Viva
14 h 15 L’amiante : un combat exemplaire
Docteur Guy Garnier, médecin du travail au Grand port maritime de Marseille
Georges Arnaudeau, président de l’association Allô Amiante
14 h 45 La reconnaissance comme maladie professionnelle
et la réparation

Véronique Aubry, avocate spécialisée dans les affaires sociales
15 h 15 Prévention des maladies professionnelles : quelles obligations,
aujourd’hui et demain, pour l’employeur ?

Tony Hautbois, secrétaire général de la Fédération CGT des ports et docks
15 h 45 Quelle prévention pour la santé au travail aujourd’hui ?
Carole Hazé, responsable du Centre de ressources en prévention
de la Fédération des mutuelles de France (Fmf)
16 h 00 Débat avec la salle
17 h 00 Conclusion
par l’association pour la protection de la santé au travail
des métiers portuaires 44
17 h 30 Fin des travaux

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Les  intervenants

 

-Pr Christian Géraut, chef du service de médecine du travail et des risques professionnels du CHU de Nantes

-Annie Thébaud-Mony,  sociologue, directrice de recherches Inserm, directrice de Giscop93 (*)

-Véronique Daubas-Letourneux, sociologue au Centre nantais de sociologie

-Véronique Aubry, avocate inscrite au barreau de Nantes et spécialisée dans les affaires sociales

-Tony Hautbois, secrétaire général de la Fédération CGT des Ports et docks,

-Carole Haze, responsable  du Centre de ressources en prévention de la Fédération des Mutuelles de France (Fmf)

-Dr Guy Garnier, médecin du travail au port autonome de Marseille (Lire ci-dessous l’entretien du Dr Garnier accordé à l’Humanité

-Georges Arnaudeau, Président de l’association Allo Amiante

 

Les partenaires

La rencontre débat du 24 mars 2011 à Nantes bénéficie du soutien:

-du Centre de lutte contre le cancer René Gauducheau (www.centregauducheau.fr)

-du journal mutualiste d’information Viva (www.viva.presse.fr),

-de la Fédération des Mutuelles de France (www.mutuelles-de-france.fr),

-de Prémalliance (www.premalliance.com),

-de l’AG2R (www.ag2rlamondiale.fr)

-de La ligue contre le cancer 44 (www.liguecancer44.fr)

-du Conseil Régional des Pays de Loire (www.paysdelaloire.fr), de la ville de Saint-Nazaire (www.mairie-saintnazaire.fr)

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L’Association pour la protection de la santé au travail des métiers portuaires
Pour avoir des informations sur l’Association et/ou sur la rencontre- débat du 24 mars 2011: association.ppsmp@gmail.com

contacts: Gilles Rialland (06 89 10 32 12) ou Serge Doussin: (06 80 87 68 97)

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L’Association pour la protection de la santé au travail des métiers portuaires a été créée début 2010.

Elle compte aujourd’hui plus d’une centaine de membres. Son bureau comprend notamment (de gauche à droite sur la photo): Serge Doussin, secrétaire, Jean-Luc Chagnolleau, président et Gilles Rialland, trésorier.

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Pour en savoir un peu plus

Social-EcoSanté au travail dans Rencontre-débat Nantes 24 mars 2011 humanite le 21 Janvier 2011

Pénibilité

« Dix ans de moins d’espérance de vie pour les dockers »

Docteur Guy Garnier, médecin du travail depuis 1983 
au port de Marseille-Fos

 Quels sont les principaux résultats de votre étude sur 
la pénibilité des métiers portuaires à Marseille-Fos ?

Docteur Garnier. Cette étude a démarré il y a deux ans, à la demande des CHSCT du port de Marseille-Fos. Étant chargé de la surveillance médicale des salariés de ce port depuis vingt-sept ans, j’ai pu établir le taux de fréquence d’accidents du travail, ainsi que leur taux de gravité. Ils sont au plafond, comparables à ceux du BTP. Nous constatons ensuite une augmentation importante des maladies professionnelles déclarées et même une flambée pour les salariés, au contact de l’amiante. Nous avons pu enfin mesurer, sur une durée d’une vingtaine d’années, c’est-à-dire pour une génération, que l’espérance de vie était très basse, jusqu’à dix ans inférieure à la moyenne nationale, qui est de l’ordre de soixante-dix-huit ans pour les hommes.

 Le métier de docker apparaît pourtant plus mécanisé, donc beaucoup moins pénible qu’avant…

Docteur Garnier. On peut penser et espérer que la nouvelle génération va connaître des conditions de travail moins difficiles, mais disons aussi que la mécanisation fait apparaître d’autres risques pour la santé, notamment beaucoup de problèmes dorso-lombaires et cervicaux. Il faut savoir aussi que les dockers descendent toujours dans les cales, ne portent plus de sacs mais saisissent des conteneurs. C’est encore et pour longtemps un métier manuel, très physique. Et puis, vu ce qu’on leur demande en matière de productivité, il y a de plus en plus de stress 
et de souffrance au travail sur les quais.

 L’accord sur la pénibilité conclu entre la CGT 
et le patronat a-t-il votre agrément ?

Docteur Garnier. Tout ce qui permet un départ plus tôt à la retraite est, pour les dockers, bénéfique sur le plan médical. Et je ne vois pas un gars à soixante-deux ans grimper à l’échelle et travailler en hauteur sur un conteneur, ou conduire un engin de dix tonnes sur une surface gondolée. Prendre en compte la pénibilité du métier pour permettre de vivre quelques années supplémentaires en bonne santé, c’est le moins que l’on puisse faire pour ces travailleurs.

Entretien réalisé par Philippe Jérôme

 

 

Lu sur le site internet du journal Ouest-France

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Dockers : « Nous voulons la retraite à 55 ans »

jeudi 27 janvier 2011

 

Les dockers, électriciens, mécaniciens et grutiers du port de commerce cesseront à nouveau le travail ce week-end. L’âge de la retraite se trouve au coeur de leurs revendications.

Les choses ne s’arrangent pas au port de commerce de Brest. Les dockers feront à nouveau grève vendredi et dimanche et les agents portuaires de la CCI, c’est-à-dire les grutiers, électriciens et mécaniciens, samedi et lundi. Comme le week-end dernier, l’activité du port sera paralysée.À cela s’ajoutent des débrayages quotidiens. Lors de chaque « shift » de huit heures, les dockers observent un arrêt de travail d’une heure. Leurs collègues grutiers de la CCI font de même. Total, deux heures de travail perdues par « shift » et des cadences fortement ralenties.

Les dockers sont déterminés. En jeu, l’âge du départ à la retraite. « Le gouvernement veut nous faire partir à 60 ans. Nous, ce qu’on veut, c’est pouvoir partir à 55 ans », explique Gilles Lesoin, le responsable CGT des dockers de Brest et salarié chez Manuport.

Intempéries, froid, bruit…

Un accord semblait avoir été trouvé début novembre avec le patronat. Il prévoyait une possibilité de cessation anticipée d’activité de quatre ans. Les dockers espéraient même pouvoir partir à la retraite à 55 ans. « Normalement, les entreprises de manutention devaient se cotiser pour payer la cinquième année. »

Le gouvernement n’a pas voulu valider ce dispositif. Il souhaite limiter à deux ans la cessation anticipée d’activité. Trop peu aux yeux des dockers qui invoquent la pénibilité de leur métier. « Pourquoi les marins auraient la pénibilité et pas nous ? », s’interroge Gilles Lesoin.

Premier facteur de pénibilité, les horaires décalés. « Nous travaillons aussi bien de jour que de nuit, explique Eddy Olivier, lui aussi salarié de Manuport. Il n’y a pas d’horaires fixes. Il faut être sur le quai quand le bateau arrive. »

« Cotiser pour pas grand-chose »

Autre facteur de pénibilité, le froid. Brest est un port d’expédition de viandes congelées (poulet et porc). Dans les cales des navires, la température atteint -10°. Même si le métier s’est mécanisé, les dockers font aussi valoir qu’ils continuent à manipuler des charges lourdes. « Un sac de patates, ça fait toujours 50 kg », observe Gilles Lesoin.

Ajoutez-y un travail exposé aux intempéries ainsi qu’au bruit… Pour les dockers, nul doute que la pénibilité de leur métier doit être prise en compte dans le calcul de l’âge de la retraite.

Âgé de 45 ans, Gilles Lesoin travaille comme docker depuis l’âge de 18 ans. Son collègue Eddy Olivier, 33 ans, a commencé dans le métier à 16 ans. Ils ont fait leurs comptes. « Nous avons une espérance de vie inférieure de 7 à 8 ans à celle des autres salariés. Si on travaille tard, on risque de cotiser pour pas grand-chose. »

Olivier MÉLENNEC.

 

L’Institut de cancérologie de l’Ouest est né

vendredi 21 janvier 2011

Le centre de lutte contre le cancer René-Gauducheau de Nantes et le centre Paul-Papin d’Angers vont continuer d’accueillir des malades dans leurs sites respectifs. Mais ils vont unir leurs forces pour être plus visibles et attrayants auprès des médecins, chercheurs, laboratoires et autorités publiques. L’Institut de cancérologie de l’Ouest, né ce matin, regroupera plus de 1000 salariés. Il va devenir le premier centre de province pour l’accueil de nouveaux patients. Il sera aussi leader français en matière de radiothérapie et de chirurgie de reconstruction mammaire.

 



Actualité sur les sites du mensuel Viva, de la Voix du Nord, de Sud-Ouest

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Pas si facile de reprendre le travail après un cancer

Actualité sur les sites du mensuel Viva, de la Voix du Nord, de Sud-Ouest dans Santé arton15321-d7d67

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Selon un sondage réalisé pour l’Institut Curie, 43 % des Français estiment qu’une des principales difficultés de la vie quotidienne après un cancer est de revenir au travail et 86 % déclarent prioritaire de favoriser le retour à l’emploi des anciens malades.
Une réinsertion professionnelle qui concerne plus de la moitié des patients mais qui n’est pas toujours évidente. C’est ce que révèle une enquête menée par l’Institut Curie entre 2005 et 2006 auprès de 402 salariés atteints d’un cancer.
Si 27 % d’entre-eux ont continué à travailler pendant la maladie, deux ans après le diagnostic, 79 % avaient repris leur activité. Un taux qui cache d’importantes disparités en fonction du type de cancers : 92 % des femmes ayant eu un cancer du sein étaient à nouveau en poste contre seulement 78 % des hommes touchés par un cancer de la prostate et 38 % des malades atteints d’un cancer du poumon.

Des séquelles pas toujours visibles
Parmi les difficultés rencontrées, même s’ils font mine d’être en forme, 61 % des patients évoquent en premier la fatigue engendrée souvent par la chimiothérapie, 41 % ont des troubles du sommeil, 38 % prennent des psychotropes et « 29 % ont un score d’anxiété élevé, un symptôme qui ne concerne en temps normal que 10 % de la population générale et 6 % présente une dépression grave », commente le Dr Bernard Asselain qui a coordonné l’étude.
Suite au traitement, 14 % ont des douleurs chroniques, 20 % pour ce qui concerne les cancers du sein (gros bras, etc.). Une réalité souvent en décalage avec le ressenti de l’entourage professionnel : « A partir du moment où vous êtes revenu, les gens considèrent que tout va bien », témoigne un ex- patient.

Pourtant, de retour au travail, 20 % des ex-malades se disent « pénalisés » : soit ils se retrouvent rétrogradés, soit ils essuient un refus de promotion, soit encore ils se sentent « placardisés ».
« On leur demande de faire la même chose qu’avant. On fait comme si rien ne s’était passé, pourtant, il s’est passé quelque chose », explique le Dr Asselain.
Quand l’absence n’a duré que deux ou trois mois, la reprise n’est pas trop difficile mais quand l’arrêt de travail dépasse un an, c’est moins simple. « On ne vous attend plus », souligne le médecin. C’est encore plus vrai pour les ouvriers et les employés atteints parfois de cancers plus graves ou détectés plus tardivement. Pour preuve : alors que la moitié des cadres reprennent leur travail en moyenne dans les 4 mois qui suivent l’annonce du cancer, 50 % des ouvriers et des employés reprennent au bout de 10 mois.

Retrouver son identité par le travail
Or, précise la psychosociologue Monique Sévellec, « le temps psychique n’est pas le même que le temps chronologique. Le cancer est une rupture dans la vie qui renvoie à une dimension identitaire, il y a un avant et un après. On n’est plus forcément le même. Le problème est que le travail ramène précisément la personne où elle était avant la maladie et que l’environnement n’a pas la moindre idée de ce qu’elle vit ».
Sans compter le regard des autres : soit les collègues ne veulent pas admettre que le salarié ait changé, soit ils en ont peur. Pour autant, retrouver son travail est fondamental pour ne pas se sentir déchu : « Avoir une place, c’est être quelqu’un », insiste Monique Sévellec.

Dans cette enquête, tous les salariés avaient un travail justement, « c’est sa limite », note le Dr Marie Françoise Bourillon, médecin du travail. Une chance surtout car les difficultés sont encore plus grandes pour les malades en situation de précarité : « A l’issue de la maladie, ils peuvent se retrouver encore plus fragilisés, cela peut-être dramatique pour eux. Il y a aussi des employeurs qui profitent de l’absence du salarié pour le licencier, hélas ça arrive. Certains rebondissent, d’autres pas », déclare le Dr Laure Copel, responsable de l’unité mobile d’accompagnement et de soins continus à l’Institut Curie.

Mieux accompagner la reprise
Une chose est certaine : le retour au travail n’est pas suffisamment anticipé. Le dialogue avec le médecin du travail, l’incompréhension de la hiérarchie et des collègues sont des obstacles à lever.
« Dès le début de la prise en charge médicale, le cancérologue doit pouvoir évoquer avec le patient ses conditions de travail afin de savoir si un allègement de sa charge de travail est envisageable ou si d’autres solutions peuvent être trouvées », affirme le Dr Asselain.
Actuellement, dans 50% des cas, un temps partiel est proposé mais dans la majorité des situations, la charge de travail du salarié n’est pas allégée, ce qui entraîne chez lui un surccroît de stress. Autre exemple, dans 92 % des cas le médecin du travail n’a pas été en contact avec les équipes soignantes et seulement 24 % des ex-malades pensent à demander une visite de pré-reprise, pourtant essentielle pour envisager au mieux les modalités de retour au travail.
Selon le Dr Asselain, « Un accompagnement de la reprise permettrait d’épargner au salarié disqualifications, conflits et mises à l’écart ».

 

-  [29.04.11]   Brigitte Bègue

www.curie.fr/presse

 

Sur les docks, on meurt 10 à 12 ans plus tôt et le nombre de malades est alarmant

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Récemment, les dockers étaient mobilisés sur les questions de pénibilité de leur travail. Certes, celui-ci a évolué. Les formes de pénibilité aussi. Aujourd’hui, ce ne sont plus les bras et les dos qui sont cassés. Mais l’on meurt sur les docks. Et dans une proportion assez catastrophique.
Pourquoi ? C’est pour répondre à cette question que Jean-Luc Chagnolleau, 55 ans, docker sur le port de Nantes, crée début 2010, avec quelques camarades des docks, l’association pour la protection de la santé des métiers portuaires appsmpunblogfr.unblog.fr.
Premier objectif de l’association : l’organisation d’un colloque national sur les problèmes de santé des dockers. Il se déroulera le 24 mars au Chu de Nantes.
Atteint d’un cancer du rein, Jean-Luc a voulu comprendre. Il a commencé à recenser ses collègues malades. A Nantes mais aussi à Saint-Nazaire ou au Havre, dans le Midi. Il s’est vite rendu compte qu’il n’était pas le seul. Les cancers sévissent. Chez des hommes souvent encore jeunes. Cancers du rein, pulmonaires, de la vessie et des voies urinaires, maladies cardio-vasculaires. Toute une panoplie de pathologies pas bénignes du tout. Et même des maladies rares.

Des chiffres très alarmants
« Sur quelque 190 dockers que nous étions en 1992 à Nantes, nous en avons contacté 140. 87 de ces 140 personnes ont développé des maladies (dont 61 cancers). 35 d’entre elles sont décédées. A Saint-Nazaire, sur 160 dockers, on dénombre 43 malades et dix-sept décès parmi eux », synthétise Jean-Luc. Dans les autres ports français, la situation a l’air assez semblable.
« Actuellement, l’espérance de vie de cette population de dockers est de 10 à 12 années de moins que pour les précédentes générations », constate encore le nantais.
Ces maladies n’ont pas l’air liées au hasard, ni au tabagisme : « Sur les docks, la cigarette est interdite. Pas tellement pour préserver notre petite santé, mais plutôt les marchandises. Et éviter les risques d’explosion. »
Pourquoi explosion ? « En fait, tous les produits et denrées arrivant dans les ports sont traités avec des pesticides, fongicides (…) et, l’intérieur des conteneurs est lui-même aspergé de divers gaz et produits ». Toutes substances qu’inhalent les dockers en ouvrant ces conteneurs.

Alerte aussi chez les douaniers
Ces pathologies n’atteignent du reste pas que les dockers. Les douaniers sont aussi touchés dans leurs chairs, lorsqu’ils ouvrent les conteneurs pour des contrôles. Le syndicat Cgt de la corporation avait alerté sur les dangers encourus www.finances.cgt.fr.

Vers une association nationale ?
Organisé avec le concours de Viva, le colloque du 24 mars fera l’objet d’une publication. Des dockers de toute la France y sont attendus ainsi que des représentants des douaniers et des spécialistes de la santé au travail et de l’épidémiologie, telle Annie Thébaud-Mony.
Le 24 mars, dit encore Jean-Luc Chagnolleau, sera pour nous le début d’une aventure. Une aventure que les dockers nantais souhaitent nationale. Faire mieux reconnaître leurs maladies professionnelles, faire évoluer les tableaux de ces maladies, tel est l’objectif de ce premier rendez-vous. L’idée de fonder une association nationale est déjà dans l’air. Rendez-vous le 24 pour en savoir plus.

 

-  [21.03.11]

 

Témoignage de Jean-François Gruais (Nantes), 65 ans

Chaudronnier de métier, Jean-François Gruais a travaillé plus de 20 ans sur le port de Nantes. Pendant 4 ans comme docker occasionnel, tout d’abord, puis pendant 18 ans à plein temps. A 55 ans, en 2000, il contracte un cancer de la prostate. Il est traité tous les trois mois, par piqûre.
« J’ai fait beaucoup de manutention de sacs ou de marchandises en vrac. Il les énumère. Il y avait de tout : agrumes, bois, phosphates, engrais, amonitrates, de la fonte et de l’acier provenant d’usines mortes (il y avait aussi parfois de l’amiante et du plomb dedans).
Délégué hygiène et sécurité pendant 15 ans, JF Gruais se souvient : « On commençait juste à s’occuper d’hygiène. Les anciens travaillaient avec rien. Nous ne disposions pas de douches. Les bouches à incendie faisaient l’affaire. Ensuite, on nous a installé des bungalows sur les quais, avec douches. »
Il poursuit : « Il n’ y avait pas de culture de la protection comme aujourd’hui. Bien souvent, nous nous couvrions le corps, mais travailler toute la journée avec un masque, c’est dur. Et puis, pour être efficaces, il aurait fallu les changer souvent. Ce n’était pas le cas. »

 

 

10 000 postes ont été supprimés dans les hôpitaux français en 2009

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Roselyne Bachelot – alors ministre de la Santé – avait promis en 2009 que la « règle » du non remplacement d’un départ à la retraite sur deux – énoncée dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) – ne serait pas appliquée à l’hôpital.

Deux ans plus tard, le Quotidien du médecin (15/03/2011) révèle, sous le titre « Hôpital : la purge », le bilan de la Statistique annuelle des établissements de santé (SAE) – une source gouvernementale donc – qui montre que 9 800 postes des hôpitaux publics ont été supprimés en 2009. « Du jamais vu » selon le quotidien.
Si les postes de médecins ne sont pas touchés, tous les secteurs dits « de support » perdent des postes : infirmières, aides-soignantes, administratifs, services techniques (radios, laborantins…). La moitié des postes qui ont été supprimés sont des postes de soignants.

La Fédération hospitalière de France s’alarme de cette situation. Elle estime en effet que ces coupes seront poursuivies en 2010 et sans amplifiées en 2011. Ce qui amèneraient le total des postes supprimés à plus de 35 000 en 3 ans ! La Fhf déclare que « cette évolution est en partie liée à la faible progression de l’enveloppe accordée aux hôpitaux (Ondam), mais qu’elle est considérablement aggravée par la politique de « convergence » conduite par le gouvernement au bénéfice des cliniques privées ».

La situation imposée au service public hospitalier expliquent sans aucun doute le profond mouvement des personnels hospitaliers – délégations, grèves, manifestations – qui dure depuis des mois contre les suppressions de postes, les surcharges de travail, les fermetures de service.
C’est notamment le cas en Ile-de France où le Plan stratégique 2010-2014 de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) prévoit la suppression de milliers de postes, des fermetures de services, des programmes de regroupements d’établissements dénoncés par les syndicats des personnels hospitaliers comme une casse de l’AP-HP.
Ces jours-ci par exemple, la fermeture de l’Hôtel-Dieu a été annoncée – la direction de l’AP-HP voudrait en faire son centre administratif. La semaine précédente, Henri-Mondor perdait sont service de chirurgie cardiaque.

-  [16.03.11]

www.lequotidiendumedecin.fr
Le communiqué de la Fhf :
www.fhf.fr

 

35 % des 50-59 ans ont été exposés au moins 15 ans à la pénibilité au travail

Mise en ligne : 16 mars 2011

Plus d’un tiers (35 %) des personnes âgées de 50 à 59 ans et ayant travaillé plus de dix ans déclarent qu’elles ont été exposés pendant 15 ans au moins à au moins une des quatre pénibilités suivantes : travail de nuit (9 %), travail répétitif (11 %), travail physiquement exigeant (23 %), produits nocifs (12 %), 40 % de ces travailleurs ayant subi au moins deux de ces facteurs de pénibilité.
La santé de ces personnes est moins bonne : 24 % ont des limites d’activités quotidiennes à cause d’un problème de santé (17 % pour les autres), et 62 % seulement de celles qui ont subi deux types de pénibilité sont au travail après 50 ans, contre 75 % des travailleurs qui n’ont pas été exposés à des conditions de travail pénibles.
58 % des ouvriers ont été exposés à au moins l’une des pénibilités, 43 % des agriculteurs, artisans et commerçants et 17 % des cadres.
L’étude, publiée par la Dares, est basée sur l’enquête « Santé et itinéraire professionnel » (2007).

P.S. Dares Analyses :
www.travail-emploi-sante.gouv.fr

 

Espagne : les accidents mortels du travail sont liés à l’absence de prévention des risques

Mise en ligne : 16 février 2011

L’analyse de 90 cas d’accidents mortels du travail survenus dans la Communauté autonome de Castille-La Manche entre 2005 et 2007 montre que l’organisation du travail et une mauvaise prévention sont à l’origine de l’essentiel de ces décès, selon un rapport des autorités locales publié par l’European Trade Union Institute (Etui).

86 des ces 90 morts étaient des ouvriers, et les moins de 25 ans ont été proportionnellement deux fois plus touchés par des accidents mortels que les autres. Les immigrés ont un risque 1,5 fois supérieur d’être tué au travail.

Près du tiers des entreprises ayant connu un accident mortel n’avait fait aucune évaluation des risques. Et la moitié de celles qui avaient effectué cette évaluation n’avait même pas identifié le risque qui a conduit à la mort d’un salarié. Un tiers de celles qui avaient conscience de ce risque n’avait pas défini de mesure de prévention. Pour celles qui les avaient définies, ces mesures de prévention n’avaient le plus souvent pas été suivies d’effets.

Selon cette enquête, le bâtiment concentre à lui seul l’essentiel de ces accidents mortels et les très petites entreprises et/ou sous-traitantes se révèlent les plus dangereuses. Aujourd’hui en récession, la construction était lors de l’enquête l’une des principales activités en Espagne.

P.S. En savoir plus :
http://hesa.etui-rehs.org

 

 

« Cancer info » une plateforme d’infos pour les malades et leur entourage

Mise en ligne : 7 février 2011

Vous, ou l’un de vos proches, avez un cancer ? L’Institut national du cancer (INCA) lance « Cancer info », un site et une plateforme d’information médicale et sociale de référence sur les cancers, dédiée aux personnes malades et à leur entourage. « Cancer info » a pour vocation d’apporter des réponses et d’accompagner les patients et leurs proches « aux étapes clés de la maladie, en complément de leurs échanges avec les équipes soignantes ».
Elle est développée par l’INCA en partenariat avec la Ligue nationale contre le cancer et un groupe d’associations impliquées dans l’information sur les cancers aux patients. Cette plateforme est accessible sous trois formes :

- une collection de guides d’information imprimés,
- une rubrique sur le site de l’INCA
- et une ligne téléphonique Cancer info, au 0810 810 821.

Cette information de référence s’inscrit dans le cadre du Plan cancer 2009-2013.

Les informations accessibles sur le site www.e-cancer.fr

Guides disponibles en ligne à télécharger ou commander.


 

 

Santé

 

Médiator : entretien avec Irène Frachon

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Irène Frachon, pneumologue, qui a révélé l’affaire du Médiator fait le point pour Viva.

Fin 2009, le Médiator (benfluorex) est retiré du marché après 33 ans de mauvais services rendus aux patients. Cet anti-diabétique a été utilisé également comme coupe-faim et a provoqué plusieurs centaines de morts en France à cause de ses effets secondaires très lourds. Dès 2007, la pneumologue Irène Frachon [1] part en guerre contre ce médicament pour protéger les patients et informer sur la mauvaise balance bénéfices-risque du Médiator.
Mais elle n’est pas écoutée par les autorités sanitaires ni par la firme Servier qui commercialise le produit. « La côte à gravir pour être entendu par les autorités de santé est redoutable, et rien ne protège les praticiens inquiets, d’éventuelles représailles ou pressions exercées par la firme dont le produit est mis en cause » déclare Irène Frachon à l’occasion de la manifestaiton des Pilules d’Or, jeudi dernier, organisée par la revue indépendante Prescrire. Revue qui a beaucoup soutenu la pneumologe dans son combat.

Où en est-on aujourd’hui dans l’affaire du Médiator ?

Lire aussi notre dossier de février sur le médicament (à partir du 1er février sur Internet).

 

-  [28.01.11]   Marilyn Perioli

[1] Irène Frachon est pneumologue au CHU de Brest

A lire : Médiator 150 mg, combien de morts ? par Irène Frachon, ed. Dialogues, 15,90 euros.

 

 

Suicides liés au travail : la Poste comme France Telecom ?

Mise en ligne : 27 janvier 2011

« Déjà 70 suicides à la Poste » titre l’Humanité de ce jeudi (27/01/2011) pour présenter un dossier sur la « catastrophe humaine en cours à la Poste ». Le quotidien lie ces suicides à la restructuration en cours dans le groupe depuis son changement de statut.
Une restructuration qui pourrait se traduite par 50 000 suppressions de postes d’ici à 2015. Réorganisation, surcharges de travail, casse du statut des fonctionnaires du service public désormais largement remplacés par des intérimaires… tout y est. Et rappelle la crise de France Telecom.

L’Humanité cite ainsi un responsable Cgt qui indique que depuis 2003, 63 000 poste (sur 280 000) ont été supprimés. Comme au centre de tri de Rognac (Bouches-du-Rhône) qui a perdu 100 de ses 160 agents.
Dans le même département, un syndicaliste de SUD rapporte que dans les quartiers Nord de Marseille, un tiers du personnel provient d’agences d’intérim.

La situation est dégradée au point que les syndicats de la Poste appellent à la grève aujourd’hui dans les Bouches-du-Rhône après le suicide d’un de leur collègue qui s’est jeté sous un train en laissant un courrier mettant en cause les dirigeants de la Poste.

P.S. www.humanite.fr

 

 

Médiator : la FNATH pose ses conditions pour le fonds d’indemnisation

Mise en ligne : 20 janvier 2011

Dans l’affaire du Médiator, la FNATH (l’association des accidentés de la vie), qui est fortement sollicitée par les victimes, pose ses conditions pour la mise en place du fonds d’indemnisation. L’organisation souhaite notamment que :

- toutes les personnes qui ont pris ce médicament quelles qu’en soient les raisons, leurs ayants-droit et les ayants-droit des personnes décédées soient indemnisées,

- l’indemnisation soit intégrale et individualisé selon la situation de chaque victime : l’indemnisation ne doit pas se faire au rabais sous prétexte qu’elle serait plus rapide.

Qui financera ce fonds ?

La FNATH propose que l’entreprise Servier qui, selon le rapport de l’IGAS, est intervenue « sans relâche auprès des acteurs de la chaîne du médicament pour pouvoir poursuivre la commercialisation du MEDIATOR® et pour en obtenir la reconnaissance en qualité de médicament anti-diabétique », soit essentiellement mise à contribution pour indemniser les préjudices qu’elle a créés.

Par ailleurs, la FNATH considère qu’un tel fonds d’indemnisation pourrait également être instauré pour indemniser les victimes d’autres médicaments, comme celles du Distilbène.

Lire aussi Mediator : « le dispositif de pharmacovigilance a failli à sa mission » selon l’Igas

P.S. Le site de la FNATH www.fnath.org

 

 

Le tabagisme explique 40 à 60 % de l’écart d’espérance de vie hommes-femmes

Mise en ligne : 19 janvier 2011

Les femmes ont commencé à avoir une espérance de vie plus longue que celle des hommes à partir du milieu du XVIIIe siècle, en Europe. Mais les raisons de cet écart, qui s’est fortement creusé au fil des ans, restent sujettes à débat parmi les scientifiques.
Si le tabagisme a souvent été pointé comme responsable, d’autres origines ont été invoquées, telles la biologie ou le fait que les hommes se soignent moins que les femmes quand ils en ont besoin.
Or une étude parue dans la revue scientifique Tobacco Control vient rappeler que c’est bien le tabagisme qui est la cause principale de cet écart.
Selon des chercheurs britanniques, le tabac est responsable de 38 à 60 % de l’écart de mortalité entre hommes et femmes. Parmi les 30 pays européens étudiés, la différence est plus marquée dans les pays d’Europe de l’Est et moindre en Grèce ou en Islande.
L’alcool, quant à lui, est responsable de 20 à 30 % de l’écart de mortalité
entre les sexes en Europe orientale, et 10 à 20 % dans le reste de l’Europe.

Elsa Maudet

P.S. A lire aussi :
Résumé de l’étude de Tobacco Control

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

[1] Etude menée entre le 10 juin et le 14 juillet 2010 auprès de 12 262 personnes venant de 12 pays (Allemagne, Australie, Brésil, Chine, Espagne, Etats-Unis, France, Inde, Italie, Mexique, Royaume-Uni, Russie)

Prescrire ajoute d’autres médicaments à la liste des produits à risques graves

Mise en ligne : 4 janvier 2011

Prescrire, tout à la fois revue médicale indépendante et organisme agréé pour la formation continue et l’évaluation des pratiques professionnelles, demande dans son numéro de janvier le retrait du marché du Buflomédil, un vasodilatateur « sans intérêt thérapeutique démontré » commercialisé depuis une vingtaine d’année et qui présente des effets secondaires indésirables sur le plan neurologique et cardiaque, effets « parfois mortels, en particulier en cas de doses élevées ou inadaptées à l’insuffisance rénale ».
Prescrire souligne que « l’Agence française du médicament (Afssaps) a révélé que plusieurs dizaines de cas d’effets indésirables graves avec ce médicament, dont plusieurs mortels, ont été notifiés entre 2007 et 2009 ». La revue demande « combien de victimes faut-il encore aux firmes concernées ou à l’Afssaps pour décider de retirer ce médicament du marché ? ».

La revue met également en cause deux autres médicaments : le Nimésulide (anti-inflammatoire) commercialisé malgré des hépatites graves, et la Vinflunine (anticancéreux). Ces deux produits ont une balance bénéfices-risques « défavorable ».
La Vinflunine a une « une efficacité clinique très incertaine » et peut entraîner « des troubles hématologiques fréquents, souvent graves, parfois mortels, des troubles intestinaux sévères, des neuropathies ».
Prescrire souligne le prix élevé de ce produit : 2 040 euros hors taxes pour trois semaines de traitement à l’hôpital, alors même que la Commission de la transparence a estimé que la vinflunine « n’apporte pas d’amélioration du service médical rendu ».

P.S. www.prescrire.org

 

Lu sur le site de la voix du nord

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Christian et Jean, deux générations de dockers en colère et en grève

vendredi 21.01.2011, 05:09 - PAR OLIVIER DUFOURG

 Jean Roelandt (à gauche) et Christian Clarys: «Nous ne lâcherons  pas prise». Jean Roelandt (à gauche) et Christian Clarys: «Nous ne lâcherons pas prise».

| LES VISAGES DE L’ACTUALITÉ |

Le premier, préretraité amiante, a 58 ans et a travaillé plus de trente ans sur les docks ; le deuxième, 40 ans, n’est dans le métier que depuis dix ans. Hier, aux côtés d’environ quatre cents autres dockers, ils ont paralysé l’activité portuaire pour protester contre la remise en cause, par le nouveau secrétaire d’État aux Transports, de l’accord sur la pénibilité Furieux contre le mutisme du gouvernement, les deux hommes assurent que les dockers sont prêts à poursuivre voire à amplifier leur mouvement. Du jamais vu depuis dix-huit ans…

 

« Au port de Dunkerque, on est dockers de père en fils », explique Christian Clarys, 58 ans. Titulaire d’un certificat d’étude et d’un CAP de mécano-fraiseur, l’homme a commencé à travailler sur les docks à l’âge de 19 ans. « Comme je suis touché par l’amiante, j’ai arrêté de travailler à 50 ans et six mois. Aujourd’hui, mes deux poumons sont atteints », confie-t-il.

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Âgé de 40 ans et titulaire d’un bac pro, Jean Roelandt est, lui, issu d’une autre génération de dockers. « Par rapport à Christian, notre métier s’est modernisé grâce notamment à l’informatique, ce qui ne veut pas dire qu’il est devenu pour autant facile. Être docker, aujourd’hui, ça reste un boulot très physique », témoigne Jean Roelandt.

« Cassés de partout »

La pénibilité, justement. « Notre boulot, on le fait par tous les temps, été comme hiver, 365 jours sur 365, tôt le matin jusqu’à tard le soir », illustre Jean Roelandt, mécano sur les portiques, qui est régulièrement amené à porter des pièces pouvant dépasser les 50 kg. « En ce qui me concerne, enchaîne Christian Clarys, j’ai porté à la main des sacs qui pesaient plus de 100 kg. Bien sûr, j’ai connu plus de modernisme sur la fin de ma carrière avec les Clark, mais avec ce genre de camions, on n’avait ni suspension ni siège. En fait, on était assis directement sur la ferraille et on avait le dos cassé. Beaucoup de dockers, de toute façon, sont un peu cassés de partout… »

Face à des conditions de travail qui demeurent difficiles, les deux hommes sont particulièrement remontés contre le gouvernement et son secrétaire d’État aux Transports, Thierry Mariani, qui ont revu à la baisse l’accord sur la pénibilité (deux ans de cessation anticipée d’activité au lieu des quatre négociés). « C’est d’autant plus scandaleux que l’accord était quasiment signé, s’indigne Christian Clarys. J’étais là en 1992, au moment de la grève des dockers. Aujourd’hui, je sens de nouveau la colère monter en eux et elle est même peut-être plus forte qu’il y a dix-huit ans. » « Cette remise en cause de l’accord, c’est deux ans et demi de négociations foutus en l’air, enchaîne Jean Roelandt. Cela faisait longtemps que les dockers n’avaient pas fait grève. Bernard Gouvart m’avait inculqué l’esprit de la paix sociale, et n’étant ici que depuis dix ans, je n’ai jamais connu le moindre conflit. »

Prêt, donc, à poursuivre la lutte ? « Face au mépris du gouvernement à notre égard, répond Jean Roelandt, je peux vous assurer qu’on ne lâchera pas prise. » Une assemblée générale devrait se tenir ce matin afin de déterminer les suites à donner au mouvement. •

Amiante : Marcel Suszwalak, fondateur et président de l’APDA-CGT, est décédé

lundi 27.12.2010, 05:05 - La Voix du Nord

 «Pourquoi tant de copains malades? Pourquoi nous avoir fait  travailler dans ce poison qu'est l'amiante?» «Pourquoi tant de copains malades? Pourquoi nous avoir fait travailler dans ce poison qu’est l’amiante?»

  COMBAT

« Comme d’autres associations de défense de victimes de l’amiante, nous avons connu le parcours du combattant, mais c’est un peu la rage et le culot qui nous ont fait avancer. » Tout Marcel Suszwalak tient dans cette phrase. L’énergique président fondateur de l’APDA-CGT est décédé à l’hôpital Calmette de Lille dans la nuit de mercredi à jeudi des suites d’un infarctus.

Depuis près de treize ans, il vivait le micro à la main pour animer les assemblées générales à la salle de la Concorde. Ou le téléphone à l’oreille dans son bureau du 31, rue du Ponceau, pour décrocher un rendez-vous auprès d’un sous-préfet ou dans un ministère. Ou les yeux plongés dans les centaines de dossiers des victimes ou de leurs ayants droit. Bref, Marcel Suszwalak vivait pour l’Association des professions portuaires CGT du port de Dunkerque pour la défense des victimes de l’amiante qu’il avait créée le 28 janvier 1998 avec son « copain », Jo Chapotot, un ancien docker comme lui.

Comme il le confiait lorsqu’il reçut les insignes de chevalier dans l’ordre national du Mérite, en février 2009 « je ne vous cache pas que nous avons souvent pensé à baisser les bras, tant la tâche était difficile ».

« Difficile », mais pas insurmontable. Il attribuait à l’action de l’APDA-CGT la reconnaissance officielle du port de Dunkerque comme site « amianté » en 2000 (Calais suivra en 2007).

En avril, il mettait l’accent sur les « 4 761 dossiers » de l’association indemnisés par le Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante – le FIVA dont il prenait plaisir à accueillir les représentants lors des assemblées générales.

Il évoquait aussi les résultats encourageants, quoique longs à se dessiner, des plaintes pour empoisonnement et mise en danger de la vie d’autrui que l’association et quinze veuves de dockers ont déposées contre l’État en 2004. En juillet 2008, Marie-Odile Bertella-Geffroy, juge d’instruction à Paris, mettait en examen une femme médecin du travail au port de Dunkerque de 1970 à 1995 pour homicides involontaires, blessures involontaires et non-assistance à personnes en péril. Un an plus tard, deux anciens directeurs du port connaissaient le même sort.

Disparu à 76 ans et demi, Marcel Suszwalak ne verra pas le procès correctionnel qu’il appelait de ses voeux. « Nous, vous et l’amiante, c’est une vieille et longue histoire », déclarait-il à ses adhérents il y a quatre ans. Elle se poursuivra désormais sans lui. •

 

Lu sur le site de Sud-Ouest

24 décembre 2010 11h08 | Par P.B.

 

La patience des dockers du port rochelais écornée

Ils attendent l’exécution d’un jugement sur le dispositif amiante.

 

 

Le 19 novembre dernier, les dockers rochelais recouvraient le sourire. Le Conseil d’État bouclait en leur faveur une longue procédure. Elle concernait l’allocation de cessation d’activité anticipée des travailleurs de l’amiante.

Un arrêt interministériel de mars 2005 étendait la mesure aux dockers. Mais, pour le port de commerce de La Rochelle, il limitait la période prise en compte aux années 1974 à 1982. L’enjeu du contentieux engagé devant la juridiction administrative était d’étendre la période de référence jusqu’en 1999.

La Cour administrative d’appel de Bordeaux avait enjoint le ministère de la Santé de procéder à cet allongement. Une décision confirmée par la Haute juridiction, le 19 novembre dernier.

Selon ce dispositif, les personnes qui, au cours de leur activité professionnelle ont été exposées à l’amiante (les dockers, lors des manœuvres de chargement et déchargement des cargos) bénéficient d’une année de remise de temps, pour trois années d’exposition.

À ce jour, ces décisions de justice qui étendent donc la mesure à La Rochelle pour la période comprise entre 1974 et 1999, ne sont toujours pas appliquées. Or, selon Pascal Zini, « une douzaine de dockers sont éligibles dès cette année à ce dispositif. »

Hier, le secrétaire du Syndicat CGT ports et docks de la Pallice, rencontrait le député-maire de La Rochelle, Maxime Bono, pour tenter de faire avancer le dossier. Il espérait alors que la discussion engagée par la Fédération nationale ports et docks avec Xavier Bertrand, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, trouve une issue favorable et rapide.

« C’est très simple, résume Pascal Zini. Nous avons gagné en justice, mais le jugement n’est pas appliqué. Le retard dans l’exécution de cette décision pénalise fortement les dockers et diminue le bénéfice légitime que sont en droit d’attendre les travailleurs concernés. Ceci est inacceptable ! Si nous n’avançons pas rapidement, il ne faut pas écarter qu’il y ait un mouvement de mécontentement sur le port. »

© www.sudouest.fr 2011

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Les cancers de l’enfant en France : un cas pour 440 enfants

Mise en ligne : 28 décembre 2010

Selon une étude basée sur le Registre national des tumeurs solides de l’enfant (RNTSE) et le Registre national des hémopathies malignes de l’enfant (RNHE), 8 473 nouveaux cas de cancers ont été recensés chez les enfants de moins de 15 ans résidant en France entre 2000 et 2004. Soit un cas pour 440 enfants (en incluant les tumeurs cérébrales bénignes) et 0,5 % des 320 000 cancers détectés en 2005 dans la population.
La moitié de ces cancers touchent des enfants de moins de cinq ans.

En 2005, les cancers de l’enfant ne représentent que 0,2 % des décès par cancers mais sont la deuxième cause de mortalité entre un et 14 ans après les accidents, avec 20% des décès.
Les cancers les plus fréquents sont les leucémies (29%), les tumeurs du système nerveux central (23%), les lymphomes (12%) et les neuroblastomes (8%).

L’étude a été publiée par l’Institut de veille sanitaire (InVS) dans son bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). C’est la première étude basée sur les registres nationaux.
L’INVS annonce la sortie d’autres études (survie après un cancer de l’enfant, données sur les filières de soins, prises en compte des moins de 18 ans…) pour « concourir à l’évaluation de la prise en charge » de ces jeunes patients et contribuer « à identifier de nouvelles cibles de prévention de cancers de l’enfant ».

P.S. Incidences des cancers de l’enfant en France (BEH) :
www.invs.sante.fr

 

EDF : le suicide d’un salarié jugé comme consécutif d’une « maladie professionnelle »

 

Mise en ligne : 20 décembre 2010

Le suicide d’un technicien d’Edf de la centrale nucléaire de Chinon (Indre-et-Loire), survenu en 2004, a été reconnu comme consécutif à une maladie professionnelle selon une décision rendue le 15 décembre par la Cour d’appel d’Orléans.

La cour d’appel a confirmé le jugement rendu en 2009 par le tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) de Tours et qu’Edf avait contesté en appel.
Le Tass avait estimé qu’il y avait bien un « lien direct et essentiel » entre les conditions de travail du salarié décédé et son suicide. Le jugement s’appuie notamment sur le rapport d’un médecin du travail signalant une forte pression professionnelle, le salarié devant rattraper « de très nombreuses opérations techniques mal assurées faute d’acteurs pour faire le travail »…

La Cour d’appel décidera le 22 juin si Edf a commis une « faute inexcusable » dans cette affaire. Le Tass de Tours a refusé de reconnaître cette faute et la famille de la victime a fait appel.

 

La justice annule le licenciement discriminatoire d’une employée atteinte d’un cancer

Mise en ligne : 21 décembre 2010

Un cabinet médical de Poissy a été condamné la semaine dernière pour avoir licencié une employée atteinte d’un cancer du sein. La Cour d’appel de Versailles a jugé qu’il s’agissait d’un licenciement discriminatoire alors que les médecins patrons du cabinet arguaient de motifs économiques.
Le tribunal a reconnu qu’il existait un lien entre le licenciement de cette secrétaire âgée de 52 ans et sa maladie. Il a donc annulé le licenciement et condamné les employeurs à 60 000 euros de dommages et intérêts.

Le diagnostic de la maladie avait été effectué en 2005, dans le cabinet médical où cette employée travaillait. Quelques heures après, elle recevait une lettre pour un entretien préalable au licenciement.
Insatisfaite du jugement des prud’hommes intervenu en 2009, la secrétaire a décidé de poursuivre ses employeurs et a obtenu le soutien de la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde) qui a reconnu le caractère discriminatoire du licenciement.
La Haute autorité souligne que « plusieurs irrégularités de la procédure de licenciement confirment, par ailleurs, l’absence totale de préparation de la procédure, la précipitation dans sa mise en œuvre et la volonté de licencier précisément la réclamante ».

P.S.

La déclaration de la Halde après le jugement (14/12/2010) :
http://halde.fr

La délibération de la Halde du 21/12/2009

 


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cancer et travail : la « triple peine » des plus modestes

Mise en ligne : 15 décembre 2010

Chaque année, des dizaines de milliers de personnes reprennent leur activité professionnelle après avoir été soignées pour un cancer. La moitié des 350 000 malades du cancers diagnostiqués par an ont en effet moins de 65 ans.
Lors d’un colloque « Cancer et travail : où en est-on ? » organisé la semaine dernière à Paris par l’Institut national du cancer (Inca) et l’Association pour la recherche sur le cancer (Arc), les participants ont souligné combien cette reprise d’activité est difficile.

Reprendre le travail En 2004, une étude montrait déjà que 20 % des malades avaient perdu leur travail deux ans après le diagnostic de cancer. Un constat recoupé par une autre enquête menée en Ile-de-France et qui a donné des chiffres voisins : deux ans après la découverte du cancer, 79 % des patients travaillaient, dont 60 % sur le même poste. Mais 20 % estimaient qu’ils étaient pénalisés, avec de moindres responsabilités qu’avant la maladie voire des refus de promotion.
Parmi les causes de ces problèmes : le manque de coordination avec la médecine du travail, une organisation du travail qui ne laisse pas de place à la maladie, une non préparation du retour à l’emploi…

Inégalités sociales et cancer
La situation des malades du cancer reprenant leur activité varie en fonction des catégories socio-professionnelles. Les cadres se réinsèrent plus facilement dans leur emploi que les ouvriers ou les employés.
Financièrement, les hommes qui avaient déjà de faibles revenus se retrouvent plus démunis encore après la maladie.
Or le risque de développer un cancer touche d’abord les personnes socialement défavorisées, exerçant plus souvent des métiers les exposant directement à l’amiante, aux solvants ou aux poussières de bois. La maladie est plus fréquente chez les salariés les moins diplômés et ceux qui ont des métiers manuels.
Ces malades subissent une « triple peine » : plus de risques de cancer, le cancer lui-même, et des difficultés plus grandes pour retrouver ou reprendre leur travail.

Cancer et conditions de travail
Le lien entre conditions de travail difficiles et cancer s’est retrouvé mis à nu à travers plusieurs études, comme l’enquête CECILE menée par l’Inserm en Ille-et-Vilaine et en Côte-d’Or auprès de 2 500 femmes (dont la moitié touchée par un cancer du sein).
CECILE a mis en évidence un risque accru de ce cancer chez les infirmières et les ouvrières de l’industrie textile. Les femmes ayant travaillé de nuit (23h-5h) présentent un risque accru de cancer du sein de 40 % par rapport aux femmes n’ayant jamais travaillé de nuit. Un risque qui augmente encore quand le travail de nuit dure plus de trois ans ou quand les horaires changent fréquemment.

P.S. www.arc-cancer.net

 

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Mis en ligne le 13 décembre 2010

Anact : subvention en baisse de 15 %

Le gouvernement va réduire de 15 % les subventions de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) au moment même où toutes les enquêtes montrent une montée des maladies professionnelles – notamment les TMS –, des risques psychosociaux au travail… sans même parler de la pénibilité ou de la question du travail des seniors.
Le plus récent dossier en ligne publié par l’Anact et intitulé « De la pénibilité à la prévention de l’usure professionnelle » porte justement sur les fins de carrières.

Pour mieux connaître l’Anact :
www.anact.fr

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L’aspirine réduirait le taux de mortalité pour certains cancers

Paru sur le site www.viva.presse.fr le 8 décembre 2010

Prendre de l’aspirine à faible dose (75 mg par jour) sur le long terme (cinq à dix ans), réduirait la mortalité due à certains cancers, notamment le cancer colorectal, selon une étude publiée dans la revue médicale The Lancet.
D’après les scientifiques, la réduction du risque de décès par cancer est d’environ 10 % pour le cancer de la prostate, de 30 % pour celui du poumon, de 40 % pour le cancer colorectal et de 60 % pour celui de l’oesophage. Pour ce dernier, comme pour le cancer du poumon, le bénéfice est limité à une catégorie de tumeurs (« adénocarcinomes »).

Dans le journal Le Monde daté du 7 décembre on peut lire que « Des recherches complémentaires sont nécessaires, selon les auteurs, en particulier pour évaluer l’impact de l’aspirine sur les cancers féminins. Un suivi médical au-delà de vingt années est indispensable pour vérifier s’il n’y a pas un rebond tardif de la mortalité par cancer, ajoutent-ils. Ces résultats ne veulent pas dire que tous les adultes doivent se mettre immédiatement à prendre de l’aspirine, mais démontrent d’importants bénéfices apportés par l’aspirine à faible dose en termes de réduction de la mortalité due à plusieurs cancers communs, ce qui est nouveau, selon eux. »

Le cancer est responsable d’environ 1,7 million de décès par an en Europe.

Lire aussi Le cancer se soigne mieux

P.S. En savoir plus sur l’enquête en anglais sur le site du Lancet www.thelancet.com

 

 

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Sites Santé : tous ne sont pas fiables !

Paru sur le site www.viva.presse.fr le 7 décembre 2010

Dans son numéro de décembre, Que choisir Santé a testé 9 sites « Santé ». Résultat, on y trouve tout et n’importe quoi ! Deux sites seulement apparaissent plutôt fiables : le site canadien passeportsante.net, le seul à n’avoir aucune publicité, et le site du Vidal eurekasante.fr qui, bien que financé par l’industrie pharmaceutique, diffuse des informations « sérieuses».Sante-az.aufeminin.com et sante-medecine.commentcamarche.net obtiennent la mention « passable ». En revanche, les sites doctissimo.fr, linternaute.com/sante, medisite, santepratique et e-sante.fr sont carrément taxés de « mauvais » par le mensuel. Sur Doctissimo, un des sites les plus fréquentés, la publicité est omniprésente et beaucoup d’articles sont sponsorisés par des firmes. « Cet environnement commercial décrédibilise l’ensemble du site qui par ailleurs présente d’autres défauts », pointe le dossier. Par exemple, il est fait référence au Xénical, un médicament pour maigrir qui fait polémique et à l’Accomplia, retiré du marché en 2008.

Autre problème relevé par Que Choisir : on ne peut pas se fier au label HONCode (Health on the Net) mis en place par une organisation non gouvernementale suisse et qui était sensé garantir la transparence du financement et la qualité de l’information. « L’internaute est induit en erreur : mis en confiance par le code HONCode, il se retrouve à gober des informations sans queue ni tête. La dérive a pris de telles proportions que des pionniers de l’internet « santé » affichent aujourd’hui fièrement leur refus du HONCode ». C’est dire !

Brigitte Bègue

P.S. www.quechoisir.org


 

 

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    francoise.essayan@viva.presse.fr
  • Rhône-Alpes, Auvergne, Bourgogne
    Saint-Etienne, tél. 04 77 41 51 11.
    anne-marie.boulet

 L é g i s l a t i o n


Nouvelles étiquettes pour les substances chimiques


Depuis le 1er décembre 2010, les substances chimiques doivent être étiquetées selon les dispositions du
règlement européen “CLP”.
La première étape de la mise en application du règlement européen
CLP (1) relatif à la classification, l’emballage et l’étiquetage
(Classification, Labelling and Packaging) des produits chimiques a été
franchie le 1er décembre 2010. Le nouvel étiquetage est désormais
obligatoire pour toutes les substances chimiques. Pour les mélanges,
l’échéance a été fixée au 1er juin 2015.
Le règlement CLP permet la mise en application des recommandations
du Système général harmonisé de classification et d’étiquetage des
produits chimiques (SGH). Il devrait simplifier le commerce
international des produits chimiques, offrir un cadre reconnu aux pays
qui ne possédaient pas de système de classification. Il propose
également un langage commun sur les dangers liés aux produits
chimiques qui devrait contribuer à diminuer les risques pour les
utilisateurs. En effet, un même produit peut avoir des classifications
et des étiquettes différentes selon le pays où il est fabriqué. Ce
manque de cohérence a pu être à l’origine d’erreurs, voire d’accidents.
Outre l’apparition de nouveaux pictogrammes de danger, le règlement
CLP impose aux fabricants et aux importateurs de transmettre à
l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) dans un délai
d’un mois après la mise sur le marché les informations relatives à la
classification et l’étiquetage de certaines de leurs substances.
Tester vos connaissances sur le nou vel étiquetage des
produits chimiques avec le quiz mis en place par l’INRS
sur www.9pictos.com.



Cancer à fond de cales

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/c/c5/Presse-Oc%C3%A9an.png

Article paru dans Presse Océan du 10 mai 2010

« Beaucoup de collègues sont morts à 58 ans. J’en ai 52, j’ai un cancer. Forcément, j’ai un peu peur ». Robert Guérin est docker à Saint-Nazaire. Comme lui, des dizaines de dockers du port sont malades. « En 1992, on était 192 à Nantes. Sur les 140 que j’ai contactés, 88 sont atteints de maladies graves, dont 61 cancers », indique Jean-Luc Chagnolleau, l’ancien « patron » des dockers CGT de Nantes, qui se bat contre un cancer du rein. On retrouve la même proportion de dockers malades à Saint-Nazaire.

Chercher à savoir

« On n’accuse pas, on pose des questions », explique Serge Doussin, ancien secrétaire de la CGT 44, membre de l’association pour la protection de la santé au travail des métiers portuaires, tout juste créée. Son objectif : chercher à savoir s’il existe un lien entre les maladies dont souffrent les portuaires (dockers, grutiers, manutentionnaires) et leur environnement de travail. Céréales ou bois exotiques imprégnés de fongicides, engrais, ciment, gaz d’échappement : tous manipulent et respirent beaucoup de produits dangereux. « On peut penser que cela finit par avoir un effet sur notre état de santé », estime Jean-Luc Chagnolleau. Pour en avoir le coeur net, l’association a demandé au CHU, au centre Gauducheau, à la médecine du travail et à divers spécialistes de travailler avec elle en vue d’une conférence, en mars 2011.

« L’idée, c’est d’apporter une caution scientifique à notre enquête », explique Serge Doussin.

 

Xavier Boussion



Actualité sur le site www.sante-et-travail.fr

 

Reprendre la main sur le travail

François Desriaux, rédacteur en chef
Santé & Travail
n° 073 – janvier 2011

Près d’un quart des actifs occupés se disent gênés dans leur vie quotidienne par un problème chronique de santé « causé ou aggravé » par leur travail, selon une étude publiée en novembre (1). Comme l’on pouvait s’y attendre, ce ressenti douloureux affecte en premier lieu l’appareil ostéo-articulaire et la sphère psychique, sous forme de stress ou d’anxiété.

Même si les auteurs de l’étude affichent une grande prudence, en insistant sur le fait qu’il s’agit d’une enquête déclarative, ces chiffres confirment une tendance difficilement contestable. Et inquiétante. De nombreux salariés français souffrent dans leur chair et dans leur tête de leurs conditions de travail. Le problème n’est pas nouveau. Cela fait belle lurette que les gestes répétitifs, les contraintes de temps de plus en plus sévères, l’intensification du travail, l’absence de marges de manoeuvre sont connus pour générer les deux principaux fléaux de la santé au travail: les troubles musculo-squelettiques (TMS) et les atteintes psychiques. D’ailleurs, ceux-ci font l’objet depuis des années de tous les plans de mobilisation possibles et imaginables de la part des pouvoirs publics et des acteurs de la prévention.

Sauf qu’il faut bien se rendre à l’évidence: ça ne marche pas. Même le ministère du Travail, pourtant promoteur de l’obligation de négocier sur la prévention du stress dans les entreprises de plus de 1 500 salariés, déplore la pauvreté du contenu des accords signés entre les partenaires sociaux sur ce sujet. Les voeux pieux, les mesures d’accompagnement individuel et la reprise des obligations déjà inscrites dans le Code du travail ne sont pas de nature à changer le travail et à remédier aux causes profondes de ces désordres.

C’est dans ce contexte morose qu’il convient d’accueillir avec optimisme le résultat de la recherche-action menée par la CGT de Renault, précisément sur les risques psychosociaux, avec le cabinet Emergences et plusieurs chercheurs proches du réseau de Santé & Travail. Les militants syndicaux ont ouvert des chantiers sur plusieurs sites du groupe automobile, où ils sont allés à la rencontre du travail. Laissant de côté le discours global sur les dégâts de la mondialisation, quittant aussi leur posture de « sachants » venus prêcher la bonne parole aux salariés, ils se sont mis à l’écoute des difficultés que ces derniers rencontrent pour effectuer un travail de qualité. Ensemble, ils ont repéré ce que chacun met de lui-même dans son travail, la touche personnelle qui fonde son humanité et qui est bien souvent entravée par la standardisation imposée par l’organisation. Ensemble, ils en ont débattu, mettant au grand jour, dans l’espace public de l’atelier, du bureau ou du magasin, les contradictions qu’affrontent quotidiennement les salariés. Poursuivant la dynamique amorcée il y a quelques années par la CFDT avec « le travail intenable », les militants cégétistes n’ont pas promis de Grand Soir, mais ils ont permis à des salariés de reprendre la main sur leur travail, de retrouver une autorité collective face au discours du management. Et même d’amorcer, dans certains cas, une transformation. Une politique des petits pas indispensable pour retrouver du pouvoir d’agir.

(1) « Les pathologies liées au travail vues par les travailleurs », Dares Analyses n° 80, novembre 2010.

François Desriaux, rédacteur en chef
Santé & Travail
n° 073 – janvier 2011

 

Actualité sur le site www.sante-et-travail.fr dans Santé au travail 20090915_notes_f6a800 Notes

(1) « Les pathologies liées au travail vues par les travailleurs », Dares Analyses n° 80, novembre 2010.



Témoignages vidéo sur le métier de docker

Dans la perspective de la Rencontre-débat du 24 mars 2011 à Nantes, nous avons commencé à collecter tous les témoignages film/vidéo sur le métier de docker. Voilà, pour le moment, le résultat de nos recherches. Si vous avez d’autres éléments sur la question, n’hésitez pas à nous le faire savoir.

Dockers de Saint-Nazaire

2010 – France – 90 mn- Dv cam

Un film de Bruno Raymond-Damasio

Production diffusion La Mandarine (http://www.lamandarine.com)

 

Paroles de dockers

Film de Jean-François Debienne

 

  • Marseille, paroles de dockers 

film_dockersJuillet 2002 Dv couleur (3 parties)
Durée
: 40 mn.
Réalisé
par Jean Francois Debienne

Fiche du film

Emile est historien, il aime Marseille, il aime le port.Il se met à interviewer Michel Ortiz, docker, ancien pointeur, intarissable sur les luttes et les histoires des métiers , des gens.Tous se retrouvent au local de la CGT Dockers pour parler d’hier et d’aujourd’hui.

Contact: www.ipeprod.org
Images et Paroles Engagées est une association audiovisuelle créée à Marseille  en mai 2001.   Elle rassemble avant tout des militants (tes) passionnés(ées) de cinéma et particulièrement de  documentaire, de  l’image et du son : journalistes, vidéastes, photographes et militants associatifs.
Nous mettons ainsi en commun nos compétences et nos volontés pour réaliser, parfois ensemble, des documentaires et mettre en images des instants de vie, des engagements, des luttes, des regards, des portraits.
Mais nous souhaitons surtout associer, dans ce long chemin de la réalisation,  des habitants, là ou nous filmons, là ou nous travaillons.  Écouter, dire et transmettre à un public, cela n’a de sens que si, par exemple,  nous « renvoyons » sur les lieux même du tournage, parmi les habitants d’une cité, d’un quartier ou membres d’une association, ces images dans une relation de proximité.

 

 



Le métier de docker

 

Le Métier (http://www.dockercgtmarseille.fr/)

Il existe différents noms selon les régions du monde, voire les ports d’un même pays, pour désigner les dockers. Le mot docker, contraction de l’anglais dockworker (littéralement, « ouvrier du port »), est reconnu dans la majorité des ports. Le terme débardeur est utilisé au Québec. À Marseille entre autres, le terme de portefaix était utilisé pour désigner la corporation qui œuvrait sur le Vieux Port pendant la marine à voile qui n’avait pas seulement un rôle de déchargement ou de chargement de la marchandise mais aussi une spécialisation dans connaissance de la qualité du produit manipulé, les portefaix représentaient aussi les intérêt du négociant « Maitre Portefaix » et avaient aussi le rôle d’acheminer la marchandises dans les magasins.

Les termes d’acconiers (ou aconiers) et de stevedores recouvrent des notions similaires mais néanmoins différentes d’un point de vue juridique. L’acconier a la responsabilité du gardiennage de la marchandise entreposée « sous hangar et terre plein ». Alors que les stevedores n’en prennent la responsabilité qu’au moment de la manutention « Sous palan ». Les acconiers sont en règle générale les entreprises travaillant dans les ports de la Méditerranée. Mais les deux sont les employeurs des dockers sur les ports.

Les dockers ont souvent donné l’image de « gros bras », ce qui était souvent mérité par le passé, où nombre de marchandises étaient transportés dans des sacs, à dos d’homme. Seules les marchandises très volumineuses, ou en vrac, étaient chargées par des grues. Les dockers empruntaient la coupée pour monter à bord du navire et déchargeaient leur cargaison des cales.

Pendant la deuxième moitié du XXe siècle, la modernisation du transport maritime a radicalement changé la profession. Les navires restent maintenant à quai une journée, voire deux, contre de nombreux jours auparavant. L’automatisation (par exemple avec les conteneurs) accélère les mouvements et a obligé les dockers à acquérir plus de compétences. Ils doivent pouvoir manœuvrer une grue ou un chariot élévateur, saisir des conteneurs, etc.

La profession a également changé durant les vingt dernières années : les dockers travaillaient en tant qu’ouvriers professionnels intermittents journaliers à employeurs multiples, mais sont dorénavant des ouvriers professionnels mensualisés dans une entreprise de manutention ou un groupement d’entreprises, complétés par des ouvriers dockers occasionnels en cas de grande affluence des navires (Loi du 9 juin 1992). Dans la quasi totalité des ports du monde, les ouvriers dockers ont toujours été représentés par des syndicats professionnels puissants avec un fort taux de syndicalisation.

Organisation de la profession

Les dockers sont en général répartis en équipes, de tailles variables suivant la taille du navire, le temps que celui-ci reste à quai, la nature de la cargaison, etc. Les dockers peuvent travailler, soit sur une journée de travail normal, soit sur des périodes de quatre, six ou huit heures d’affilée. Suivant les marées, certains navires doivent être déchargés de nuit.

 

Ce qu’en dit Wilkipédia

Docker

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.

Le docker (anglicisme) ou le débardeur est un ouvrier portuaire, employé au chargement et déchargement des navires arrivant au port.

 

Il existe différents noms communs pour désigner la profession qui exerce cette activité selon les régions du monde.

Le mot débardeur attesté dès le XVIe siècle en français classique[1] est probablement formé du préfixe et de la racine bard (dont l’étymologie reste controversée) : bard désignant depuis l’ancien français (XIIe siècle) une « sorte de brancard à claire-voie utilisé pour le transport de fardeaux »[2]. Littéralement, le débardeur est l’ouvrier portuaire qui procède au débardage (ou débarde), c’est-à-dire qui décharge à quai toutes sortes de marchandises.

Le mot docker, contraction de l’anglais dockworker (littéralement, « ouvrier du quai »), est attesté pour la première fois en français à la fin du XIXe siècle et s’est peu à peu répandu dans la majorité des ports du monde au cours du XXème siècle avec la mondialisation des échanges et la suprématie économique du monde anglo-saxon. Toutefois, le terme débardeur, moins usité de nos jours en Europe, s’est maintenu plus largement au Québec[3].

À Marseille entre autres, le terme de portefaix était utilisé pour désigner la corporation qui œuvrait sur le Vieux Port pendant la marine à voile qui n’avait pas seulement un rôle de déchargement ou de chargement de la marchandise mais aussi une spécialisation dans connaissance de la qualité du produit manipulé, les portefaix représentaient aussi les intérêt du négociant « Maitre Portefaix » et avaient aussi le rôle d’acheminer la marchandises dans les magasins[4]..

Le terme aconier, parfois écris acconier (ou l’anglicisme stevedore), recouvre des notions proches mais néanmoins différentes d’un point de vue juridique. De fait, l’aconier est l’entrepreneur dont le métier consiste à préparer matériellement et juridiquement les opérations de réception, de déplacement et d’entreposage de marchandises transportées par voie maritime et est donc l’employeur des débardeurs.

Histoire[modifier]

 

Le métier de docker dans Rencontre-débat Nantes 24 mars 2011 300px-Dockworkers_in_Cap-Haitien

 

magnify-clip dans Rencontre-débat Nantes 24 mars 2011

Débardeurs au port de Cap-Haïtien : le transport avec peu de moyens mécaniques est encore pratiqué dans les pays en développement.

Les dockers ont souvent donné l’image de « gros bras », ce qui était souvent mérité par le passé, où nombre de marchandises étaient transportés dans des sacs, à dos d’homme. Seules les marchandises très volumineuses, ou en vrac, étaient chargées par des grues. Les dockers empruntaient la coupée pour monter à bord du navire et déchargeaient leur cargaison des cales.

Pendant la deuxième moitié du XXe siècle, la modernisation du transport maritime a radicalement changé la profession. Les navires restent maintenant à quai une journée, voire deux, contre de nombreux jours auparavant. L’automatisation (par exemple avec les conteneurs) accélère les mouvements et a obligé les dockers à acquérir plus de compétences. Ils doivent pouvoir manœuvrer une grue ou un chariot élévateur, saisir des conteneurs, etc.

La profession a également changé durant les vingt dernières années : les dockers travaillaient en tant qu’ouvriers professionnels intermittents journaliers à employeurs multiples, mais sont dorénavant des ouvriers professionnels mensualisés dans une entreprise de manutention ou un groupement d’entreprises, complétés par des ouvriers dockers occasionnels en cas de grande affluence des navires (Loi du 9 juin 1992). Dans la quasi totalité des ports du monde, les ouvriers dockers ont toujours été représentés par des syndicats professionnels puissants avec un fort taux de syndicalisation.

Organisation de la profession

Les dockers sont en général répartis en équipes, de tailles variables suivant la taille du navire, le temps que celui-ci reste à quai, la nature de la cargaison, etc. Les dockers peuvent travailler, soit sur une journée de travail normal, soit sur des périodes de quatre, six ou huit heures d’affilée. Suivant les marées, certains navires doivent être déchargés de nuit.

Terminal roulier

Les dockers s’occupent du chargement des voitures, camions, remorquesvéhicules à bord des rouliers et des transporteurs de véhicules. Sur ces derniers, les dockers sont répartis en différentes équipes : et divers

  • une équipe « voitures » qui s’occupe du chargement / déchargement de véhicules légers ; elle comprend typiquement 15 à 25 chauffeurs, de six à dix accoreurs, deux dockers guidant les voitures à leur emplacement final, deux ou trois chauffeurs de fourgons ou « estafettes » ramenant les chauffeurs aux aires de stationnement.
  • une équipe « poids lourds » composée d’une dizaine de chauffeurs, de quelques accoreurs et d’un guideur, ainsi que d’un chauffeur de fourgon.
  • sur le quai, diverses personnes s’occupent d’ouvrir les aires de stationnement, de démarrer les voitures et de comptabiliser celles qui partent ou arrivent ; sur les ports les plus avancés, ceci est fait par la lecture d’un code-barre placé sur un autocollant sur le pare-brise.
  • dans le navire, deux à trois dockers s’occupent de réguler le trafic sur les rampes, notamment dans les zones à faible visibilité, et un pointeur supervisant le plan de chargement et assurant la liaison avec l’équipage.

Le déchargement ne dure que quelques heures ; le chargement est en revanche plus long car les véhicules sont positionnés précisément, à quelques centimètres les uns des autres, afin d’optimiser l’utilisation de l’espace des ponts : les véhicules sont stockés jusque sur les rampes relevables. Pendant le positionnement, le chauffeur ne regarde que le guide, qui porte alors la responsabilité en cas de dommage : le client peut demander un dédommagement pour une simple éraflure.

Parmi les risques encourus par les dockers, la rupture d’une sangle ou le mauvais arrimage d’une chaîne est potentiellement très dangereux en raison de leur grande tension. Un autre danger important est l’endormissement d’un chauffeur pendant une rotation de nuit.

Accorage

L’accorage, c’est-à-dire la fixation des véhicules, est une tâche extrêmement importante : si un véhicule se déplace durant le voyage pendant un coup de roulis, c’est le navire entier qui est en danger.

Les voitures sont accorées en utilisant quatre sangles, deux à l’avant et deux à l’arrière, reliées à un anneau de remorquage (éventuellement amovible s’il n’est pas inclus par défaut sur la voiture) : partant de l’anneau, les sangles sont reliées au pont de part et d’autre du véhicule par un crochet.

Les remorques sont posées sur des tréteaux aussi appelé « chevalet » et des béquilles, leurs roues sont immobilisées par des cales. Elles sont ensuite fixées (saisie/saisissage) par des chaînes, quatre à l’avant et deux à l’arrière (jusqu’à huit selon mer agitée). La mise en place d’une chaîne est plus compliquée que celle d’une sangle : la chaîne est d’abord reliée à un anneau ou un trèfle (trou d’ancrage au sol en forme de trèfle) sur le pont, et de l’autre à un côté de la remorque. Puis tendue à l’aide d’une brimbaleautobus ou les tracteurs appelée aussi tendeur ou *fusil (*dans le jargon, d’où la faible ressemblance avec ce dernier) et fixée en position par un crochet placé dans un maillon. Un coup de pied ferme permet de vérifier la bonne tension. Les engins plus lourds tels que les peuvent nécessiter jusqu’à vingt chaînes.

Illustrations du chargement d’un roulier

Terminal à conteneurs[modifier]

 

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Équipe au travail sur un porte-conteneurs.

Sur un porte-conteneurs, le nombre de dockers présent dépend du nombre de grues employées (une pour les caboteurs, jusqu’à quatre pour les plus grands). Dans les ports modernes, des portiques de manutention sont utilisés, ce qui accélère la cadence. La séquence de chargement est la suivante :

  1. Les caliers préparent le pont du navire en ajustant les verrous tournants dans leurs logements, quatre par conteneur, et en disposant les barres et les ridoirs qui seront utilisés pour l’accorage.
  2. Les caristes amènent les conteneurs depuis une aire de stockage jusque sous la grue.
  3. Le grutier saisit le conteneur et le transporte jusqu’à son emplacement sur le navire. Il est guidé par un signaleur sur le pont, transmettant ses ordres par signal radio.
  4. Les caliers ferment ensuite les verrous tournants, parfois en utilisant une grande barre métallique lorsqu’ils sont en contrebas, sauf s’ils sont à fermeture automatique.
  5. L’accorage se fait en fixant deux barres métalliques sur chaque conteneur, des coins supérieurs au pont, diagonalement. Les barres sont raidies avec des ridoirs.
  6. Les verrous tournants sont jetés sur le niveau suivant de conteneurs, puis disposés ; les caliers doivent escalader ou utiliser une échelle. Dans certains cas, ils sont transportés par une nacelle suspendue à une grue, ou utilisent les coursives du navires.

C’est le grutier qui contrôle l’arrimage de la grue au conteneur ; il arrive cependant que le décrochage se coince ; dans ce cas, un des caliers doit escalader le conteneur pour déverouiller le palonnier.

Selon le type de conteneurs, des opérations supplémentaires sont requises, parfois accomplies par les marins, comme brancher les conteneurs réfrigérés. L’équipe comprend également un contremaître et / ou un pointeur organisant le travail et le plan de chargement

Illustrations du chargement de conteneur

Port au vrac[modifier]

Illustration de la séquence de déchargement d’un vraquier.
Déchargement du Zaira à Rotterdam.

Terminal à passagers

 

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Chariot élévateur à quai

À un terminal de ferrys, les marins du navire s’occupent en général de l’accorage des voitures tandis que le personnel du terminal est chargé de l’accueil des passagers. Des dockers peuvent être impliqués dans le transport des bagages du terminal jusqu’au navire, et pour charger des provisions grâce à des chariots élévateurs.

Pour les paquebots et les navires de croisière en général, la charge de travail est plus élevée, et inclut le chargement / déchargement des bagages et des réserves (alimentation notamment). Les escales ne durant qu’une brève journée, typiquement de 8h à 17h, de grandes équipes interviennent en commun avec le personnel hôtelier et magasinier du navire. Ainsi, pour un paquebot de 2 000 passagers, on comptera :

  • Dans les magasins, une quinzaine de manutentionnaires, cinq conducteurs de chariot e un ou deux contremaîtres, répartis dans les différentes réserves : congélateurs, boissons, fruits & légumes… À terre, quelques caristes amènent les palettes livrées par camion jusque dans le navire grâce à des portes latérales et éventuellement des ascensceurs.
  • Pour les bagages, quelques dockers sur le navire assistant l’équipage et surveillant la bande transporteuse, cinq ou six caristes, une vingtaine de manutentionnaires travaillant en entrepôt, et deux ou trois contremaîtres.
  • D’autres dockers sont chargés de la sécurité et de la circulation sur le quai, ainsi que des relations avec les hôtes d’accueil, des agents de sécurité, des transporteurs…
  • Si un service de stationnement est proposé sur le port, une quinzaine de chauffeurs conduisent les voitures des passagers du terminal au parking. Ils sont encadrés par un contremaître ; un conducteur de fourgon les ramène au terminal.

Pendant le déchargement, les bagages sont acheminés par l’équipage jusqu’à une bande transporteuse faisant le lien avec le quai. Les bagages sont placés dans des cages et transportés par chariot élévateur jusque dans un entrepôt où ils sont disposés selon le pont ou la zone du navire de la cabine associée. Les passagers peuvent ainsi récupérer leurs bagages, assistés de porteurs. Pour le chargement des bagages, ceux-ci doivent passer par des contrôles de sécurité, puis sont triés par pont ou par zone du navire avant d’être transportés sur le navire.

Les dockers s’occupent également du chargement et de l’accorage sur les cargos polyvalents.

Tâches[modifier]

Les tâches varient suivant la nature de la cargaison et du navire :

  • Sur les transporteurs de voitures, les dockers conduisent les véhicules dans le navire, et sont guidés afin d’utiliser l’espace de façon optimale ; il faut ensuite saisir les véhicules, soit avec des sangles pour les voitures, soit avec des chaînes pour les poids lourds.
  • Sur les porte-conteneurs, les conteneurs sont déposés par une grue, puis saisis par des barres métalliques.
  • Sur les navires de croisières, les dockers embarquent les bagages des passagers ainsi que les provisions, souvent pour des croisières de plusieurs semaines pour plusieurs milliers de personnes. Les provisions sont chargées sur des palettes grâce à des chariots élévateurs, puis transportées à la main jusqu’aux salles d’entrepôt du navire.
  • Les vraquiers ont besoin de moins de personnel, essentiellement pour manœuvrer les grues.

Différences de gestion[modifier]

Dans certains pays comme au Royaume-Uni par exemple, les dockers font également partie de l’équipe qui s’occupe de l’amarrage des navires, ce, en coopération avec les équipes spécialisées dans le lamanage, chose qui n’est pas de rigueur en France.

Avenir de la profession[modifier]

Notes et références[modifier]

Sources générales[modifier]

Notes[modifier]

  1. Dictionnaire de l’Académie française, 9ème édition.
  2. Dictionnaire de l’Académie française, 9ème édition.
  3. Description des débardeurs sur jobfutures.ca [archive].
  4. Ousmane Sembène, Le Docker noir, 1956 (ISBN 2708707418).

Voir aussi[modifier]

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Articles connexes[modifier]

Bibliographie[modifier]

  • J. Domenichino & J.M. Guillon, Les dockers, Éd. Jeanne Laffitte, 2002, (ISBN 2-86276-366-7), décrivant l’histoire des dockers à Marseille.
  • Michel Pigenet, Le Syndicalisme docker depuis 1945, Presses Universitaires de Rouen, 1997, (ISBN 2877752275)

Filmographie[modifier]

  • Le Rendez-vous des quais, long-métrage de fiction réalisé par Paul Carpita en 1954, reconstituant la grève des dockers de Marseille en 1950, lorsqu’ils refusèrent d’embarquer des armes pour l’Indochine. Le film fut violemment censuré par l’État français et cru perdu, puis retrouvé en 1988.
  • Les Dockers de Liverpool (The Flickering Flame), documentaire politique long-métrage réalisé par Ken Loach en 1997, portant sur le licenciement de 500 dockers ayant refusé de franchir un piquet de grève à Liverpool en 1995.
  • Paroles de dockers, documentaire de Jean-François Debienne en 2003, réalisé à l’occasion des 100 ans de la CGT Dockers à Marseille.
  • Sur les quais (On the waterfront), film de Elia Kazan avec Marlon Brando.1954.

Liens externes[modifier]

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Dernière modification de cette page le 10 décembre 2010 à 14:00.

 



Travailleurs en Europe

Un quart des travailleurs de l’Union européenne estiment que leur activité affecte leur santé

Paru sur le site www.viva.presse.fr le 7 décembre 2010

Entre 1990 et 2010, la population active est passée de 150 à 235 millions dans l’Union européenne, indique l’European Trade Union Institute (Etui) qui rapporte les premiers résultats de l’enquête « 20 ans de conditions de travail en Europe » publiés par la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de travail. Un accroissement dû essentiellement à l’élargissement de l’Union, passée de 12 à 27 Etats membres et à un un taux d’emploi des femmes de plus en plus fort.
Si le taux d’emploi des hommes reste supérieur (75 à 80 %), celui des femmes a progressé de 13 points (de 50 % à 63 %).


A noter qu’entre 1991 et 2009, la proportion de travailleurs en contrat à durée déterminée (CDD) est passé de 10 % à 13,5 %. Une précarité accentuée par la situation économique : 16 % des travailleurs craignent de perdre leur emploi dans les 6 mois, mais ils étaient 39 % chez les salariés en CDD en 2010 et 53 % chez les travailleurs en intérim.

Le temps de travail diminue, son intensité augmente
Autre résultat de cette enquête : le temps de travail hebdomadaire continue de baisser. Plusieurs raisons à cela :
- la baisse du nombre de ceux qui travaillent plus de 48 heures par semaines (15 % en 2000, 12 % en 2007),
- la progression du travail à temps partiel – choisi ou contraint –avec 14 % des salariés qui font moins de 20 heures par semaine,
- la réduction du temps de travail par les négociations,
- le chômage partiel dû à la crise.
Les longues semaines de travail concernent plutôt les hommes (18 % d’entre eux font plus de 48 heures par semaine contre 8 % des femmes, premières touchées (20 %) par le travail à temps partiel.
Dans l’industrie, ces longues durées de travail concernent même 20 % des hommes.


L’enquête montre également que le travail s’est intensifié au cours des dernières années et au moins 60 % des travailleurs de l’UE travaillent fréquemment dans des « délais serrés ». pour 18 % d’entre eux, le rythme de travail est lié à la cadence de la machine. Autre forme d’intensification : 74 % des travailleurs doivent respecter des normes qualitatives.

Les deux-tiers des travailleurs font des mouvements répétitifs
84 % des travailleurs de l’Europe des 27 se déclarent satisfaits ou très satisfaits de leurs conditions de travail, mais 25 % considèrent que leur activité professionnelle affecte négativement leur santé.
Les chiffres montrent que 33 % des travailleurs portent des charges lourdes pendant au moins un quart de leur temps de travail. 23 % sont exposés à des vibrations, près de la moitié des travailleurs (46 %) ont des « postures fatigantes et douloureuses » au travail. Pratiquement les deux-tiers effectuent des mouvements répétitifs des mains et des bras durant leur travail.


Pèsent également sur la santé l’exposition au bruit (30 % des travailleurs y sont exposés plus du quart de leur temps de travail), les fumées ou poussières (respirées par 15 % des salariés, le contact avec des substances infectieuses (11 %)…
Ce sont d’abord bien sûr les ouvriers, plus exposés, qui estiment que leur santé et leur sécurité sont menacées par leurs conditions de travail.

P.S. Cette enquête a été réalisée entre janvier et juin 2010 auprès de 43 816 travailleurs actifs des 27 Etats membres de l’UE plus la Norvège, la Turquie, l’Albanie, la Croatie, la Macédoine, le Monténégro et le Kosovo.



Le formaldéhyde bientôt classé comme cancérogène de catégorie 1 ?

Paru le 30/11/2010 sur le site www.viva.presse.fr

Le formaldéhyde bientôt classé comme cancérogène de catégorie 1 ?

La France a demandé le classement du formaldéhyde en catégorie 1 de la liste européenne des cancérogènes. La demande a été soumise à l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA).
Le produit est actuellement classé en catégorie 3, celui des substances « préoccupantes pour l’homme, en raison d’effets cancérogènes possibles, mais pour lesquelles les informations disponibles ne permettent pas une évaluation satisfaisante ».
Si le comité de l’ECHA prenait la demande en considération, le formaldéhyde serait considéré comme « substance que l’on sait être cancérogène », ainsi qu’il est déjà considéré par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) qui estime que l’usage de ce produit est lié à des cancers nasopharyngien et des sinus, et présente un risque pour la leucémie.
Les conditions d’utilisation devraient alors être durcies et le niveau de protection des travailleurs exposés revu à la hausse. Mais cela prendra des mois et des mois.
Le formaldéhyde est surtout utilisé dans la production de résines, de colles et de liants en papeterie, dans le bois, les isolants (laine de roche et laines de verre), les revêtement, le textile et la chimie… En Europe, un million de travailleurs ont un risque d’exposition aux effets du formaldéhyde.

En savoir plus :
http://hesa.etui-rehs.org/fr/newsevents/news.asp

La fiche Formaldéhyde de l’INRS :
www.inrs.fr



Médecine du travail : chronique d’une mort annoncée

Paru le 3/12/2010 sur le site http://www.viva.presse.fr

Médecine du travail : chronique d’une mort annoncée

Non seulement il n’y aura pas de grande réforme de la médecine du travail, alors qu’elle avait été annoncée par le gouvernement, mais les mesures contenues dans la loi sur les retraites semblent bien signer la mort de la profession.

Début septembre, le gouvernement a adopté un amendement à un article de loi sur la réforme des retraites, dans le cadre du volet sur la pénibilité, qui transfère les missions du médecin du travail aux services de santé au travail. Et place ces missions sous l’autorité des directeurs de ces services, c’est-à-dire des employeurs, lesquels doivent également «  désigner la ou les personnes compétentes dans l’entreprise pour s’occuper des activités de protection et de prévention des risques professionnels  ».

En outre, le médecin du travail n’est plus chargé d’une mission préventive de veille et d’alerte, mais de celle plus générale d’accompagnement des salariés. Jusqu’ici, bien que salariés de services de santé au travail gérés par des associations dont les conseils d’administration sont composés aux deux tiers d’employeurs, les médecins du travail étaient «  protégés  » par le Code du travail, leur indépendance étant garantie par les textes. Ils risquent de la perdre. «  Aujourd’hui, les médecins définissent leurs missions en fonction de ce qu’ils jugent prioritaire, sans se soucier des préférences des employeurs  », précise le Dr Mireille Chevalier, secrétaire générale du Syndicat national des professionnels de la santé au travail (Snpst). Les députés PC, PS et Parti de gauche ont dénoncé cet amendement, à l’instar des syndicats de salariés, de médecins du travail et d’associations. Même le Conseil de l’ordre des médecins a protesté, y compris contre l’absence de concertation préalable au texte. La Fnath et l’Andeva  [1] ont également dénoncé le dépôt «  en catimini  » de cet amendement par l’Ump alors que l’on attendait une grande réforme de la médecine du travail. «  Le gouvernement […] s’apprête à supprimer un des contre-pouvoirs qui pouvait, dans l’entreprise, faire valoir des arguments médicaux […] du fait de mauvaises conditions de travail. […] Ce projet est totalement à contre-courant des conclusions des nombreux rapports récents  », lit-on dans leur communiqué commun.

Tout le monde pourtant reconnaît l’urgence de trouver des solutions. Les troubles musculo-squelettiques explosent  : 78 % des maladies professionnelles déclarées en 2007. La souffrance au travail a des conséquences dramatiques, pouvant conduire au suicide. Les cancers professionnels sont largement sous-estimés et bon nombre de salariés (précaires, intérimaires… mais aussi certains fonctionnaires  !) échappent à tout suivi médical.

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-  [03.12.10]   Karine Pollet

[1] Fnath  : Association des accidentés de la vie. Andeva  : Association nationale de défense des victimes de l’amiante.

Quelques dates clés

La loi du 11 octobre 1946 institutionnalise la médecine du travail, destinée à «  éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail  », et en confie le financement aux employeurs.

La loi du 9 août 2004 affirme (article 2) que la politique de santé publique relève de la responsabilité de l’Etat et qu’elle s’applique à la santé au travail. Cette réforme contribue, par la création des services de santé au travail, à faire évoluer la médecine du travail en «  culture de la promotion de la santé en milieu du travail  ». Mais c’est aussi à cette période que la charge de travail des médecins (nombre de salariés et d’établissements suivis) augmente de 30 %  !

Le 11  septembre 2009, tous les syndicats de salariés (Cgt, Cfdt, FO, Cfe-Cgc, Cftc) refusent le projet gouvernemental de réforme de la médecine du travail.

Le 8  septembre 2010, présentation à l’Assemblée nationale de l’amendement 730 à l’article 25 de la réforme des retraites.



Cancers professionnels : des millions de travailleurs exposés au risque en Europe

Cancers professionnels : des millions de travailleurs exposés au risque en Europe

Paru sur le site www.viva.presse.fr le 9 juillet 2010

Dans une nouvelle étude sur les cancers professionnels et leur reconnaissance, Eurogip s’intéresse surtout à 12 pays européens. Cette étude d’une cinquantaine de pages rappelle les classifications des principaux agents chimiques cancérogènes susceptibles d’être émis et secteurs d’activité concernés, et évalue le nombre de travailleurs exposés à ces risques. Elle s’intéresse enfin à la reconnaissance de ces maladies professionnelles.

Toutes expositions confondues, 8,2 millions de travailleurs allemands étaient exposés déjà en 1992/1993 à des produits cancérogènes, soit 24 % de la population active, près de 5 millions en France et, au total, plus de 32 millions de travailleurs de l’Union européenne (23 % des salariés).

Près d’un quart de siècle plus tard, nombre de ces travailleurs ont pu développer un cancer, maladie qui se déclare souvent des années après l’exposition.
Dans les pays de l’Union européenne, en 2006, le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) estimait ainsi à 2,3 millions le nombre de nouveaux cas de cancers dans les pays de l’Union européenne étudiés et, rappelait que « selon différen­tes études internationales, 4 % à 8,5 % des cancers seraient causés par des facteurs professionnels ».
Des chiffres considérables et qui posent la question de la reconnaissance de ces maladies professionnelles. En 2008 il y a eu 2 200 cas de cancers professionnels reconnus en Allemagne, 1 898 en France, moins de 700 en Italie…

Pour compléter le tableau, Eurogip souligne que selon l’OMS « 200 000 personnes dans le monde meurent chaque année de cancers dus à une exposition sur leur lieu de travail […] un décès par cancer du poumon sur dix est étroitement lié aux risques encourus sur les lieux de travail. Environ 125 millions de travailleurs à travers le monde sont exposés à l’amiante sur leur lieu de travail et au moins 90 000 meurent chaque année de maladies liées à l’amiante. Des dizaines de milliers d’autres meurent de leucémie causée par l’exposition au benzène, un solvant organique très utilisé par les travailleurs, notam­ment dans les industries de la chimie et du diamant ».

P.S. Le rapport :
www.eurogip.fr



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